Les deux emplois sans charges: une fausse bonne idée
Posté par Christian Harel le 11 avril 2007
La démonstration des militants UMP repose sur une analyse de l’Institut indépendant Rexecode que j’ai consultée le 23 mars 2007 (http://www.coe-rexecode.fr/fr/statique/presidentielle/travail-mesure1-2.html).
Aujourd’hui, 11 avril 2007, cette étude n’est plus disponible en ligne…
C’est dommage, il n’est plus possible de comprendre le raisonnement des spécialistes indépendants qui donnent leurs avis. Heureusement, cette analyse est encore entre les mains des militants UMP: on peut donc la trouver avec un peu de chance… J’en ai gardé quelques traces car j’avais analysé cette mesure pour mon filleul (militant UMP) avant de décider de créer ce site. Voici la retranscription du message que je lui ai envoyé le 27 mars 2007.
J’ai trouvé le site dont tu m’as parlé un jour (Rexecode) et qui analyse dans le détail la mesure de Bayrou (http://www.coe-rexecode.fr/fr/statique/presidentielle/travail-mesure1-2.html).
C’est très intéressant.
Mais ce site roule contre Bayrou, ça saute aux yeux. Ce n’est pas grave, et ça me permet de te montrer comment je lis ce document…
Je t’explique comment je m’en aperçois tout de suite:
Tu remarques qu’en fait Bayrou a parlé des 10% de retraite le 8 février. Et il ne l’a peut être effectivement pas redit le 23 février (ce qui est dommageable, la preuve..) Et c’est présenté à l’envers, pour donner à penser qu’il a changé d’avis (…Bayrou annonçait que les entreprises auraient tout de même à payer…). C’est malhonnête. Cela peut être vu comme étant ‘de bonne guerre’, mais comment veux-tu avancer et discuter si chacun tente de déformer les propos de l’autre et de le discréditer en permanence ? Et même s’il avait changé et ajouté cette mesure dans un second temps, cela changerait-il la valeur de ce qu’il propose maintenant ?
Ensuite, dans son discours (1) du 23 février (http://www.bayrou.fr/evenements/download/bayrou-social-economie-230207.pdf), Bayrou insiste bien sur le fait que 95% des entreprises ont moins de 10 salariés, et que ce sont ces entreprises qui sont visées par cette mesure.
La première phrase de la démonstration de Rexecode est la suivante: “La Dares publie les taux d’entrée et de sortie pour les entreprises de plus de 10 salariés.”. Donc déjà, dès la première phrase, on ne parle plus de la même chose… Et bien sûr, Rexecode se garde bien de préciser que Bayrou vise 95% des entreprises françaises, car leur démonstration repose sur la prise en compte de seulement 5% des entreprises…
et tout ce qui suit est donc sans valeur (ou presque)…
Tout ceci me rassure sur Bayrou: si des spécialistes en économie en arrivent à être obligé de déformer les propos de Bayrou pour pouvoir faire leur démonstration, c’est que son idée n’est sans doute pas si mauvaise…
En tout cas, ce n’est pas comme ça que je fais de la politique… et ce n’est pas comme ça que Bayrou fait de la politique non plus…Et j’espère que cela n’est pas non plus ton cas…
Rassure toi ! Je ne t’en veux pas. Moi aussi à la première lecture je me fais avoir ! C’est fait pour…
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(1)
EXTRAIT DU DISCOURS DE F.BAYROU: “…Deux emplois nouveaux, cela signifie évidemment un très grand nombre d’emplois disponibles, un gisement très important. Je veux vous rappeler les chiffres, pour ceux qui ne les auraient pas en mémoire : il y a, en France, 2 650 000 entreprises. Sur ce chiffre, 1 500 000 n’ont aucun salarié. Cela veut dire que plus de 60 % des entreprises n’ont aucun salarié. Un million de plus ont entre un et neuf salariés. Cela signifie donc qu’en dessous de dix salariés, vous avez 95 % des entreprises françaises.
Deux emplois sans charges, sans aucune autre exigence, ni de secteur d’activité, ni de type d’emploi offert, avec un plafonnement pour éviter les abus, par exemple, peut-être un plafonnement à cinq mille euros, pour éviter qu’il n’y ait des recyclages de stock-options qui puissent se faire sous cette forme. Mais deux emplois sans charge, sans aucune exigence et notamment pas d’exigence que ce soient des emplois sans qualification parce que la concentration des aides sur les emplois sans qualification a contribué beaucoup à la SMICardisation des trente-cinq heures aussi. A la SMICardisation de la société française…”




